Maladie de "Dupuytren"
DéfinitionLa maladie de Dupuytren est une maladie d'origine inconnue qui touche des tissus (les aponévroses) dont le rôle est de protéger les muscles, les nerfs et les vaisseaux de la main, Ces tissus deviennent épais, se développent d'abord en boule (les nodules) ce qui entraîne des plis dans la paume ou les doigts. Au fur et à mesure que la maladie évolue, ces tissus se rétractent entraînant la formation de " cordes " dans la main (les brides) qui limitent les possibilités d'extension des doigts, alors que la fermeture de la main reste possible car les tendons sont sains. Au maximum, les doigts sont refermés dans la paume. Cette maladie touche préférentiellement les quatrièmes et cinquièmes doigts, mais peut atteindre toute la main et les doigts. Elle est habituellement indolore. Cette maladie a très certainement une cause génétique car il est usuel de voir des familles de Dupuytren où un membre de chaque génération est atteint plus ou moins sévèrement. La maladie prédomine nettement chez les hommes et débute le plus souvent autour de la cinquantaine. Dans les formes sévères, d’autres tissus aponévrotiques de l’organisme peuvent aussi s’épaissir ; la maladie de Ledderhose caractérise une atteinte de la plante des pieds ; La maladie de Lapeyronie est une atteinte de la verge. Plusieurs maladies sont préférentiellement associées à la maladie de Dupuytren, ce sont : L'épilepsie, le diabète, l'hypertriglycéridémie, la consommation d'alcool et le tabac. Le travail manuel n'est en aucun cas responsable de la maladie de Dupuytren. En revanche, la maladie peut se développer dans les suites d'un accident ou d’une intervention chirurgicale dans certaines conditions (l’atteinte est alors souvent unilatérale).
Maladie de "Dupuytren"

Les signes

La compression du nerf médian s'exprime sur les trois fonctions de ce nerf :
- Des troubles sensitifs : sensation de fourmillements, engourdissement surtout NOCTURNE, perte de la sensibilité au bout des doigts, douleurs souvent ascendantes jusqu'au coude voire l'épaule. Ces signes prédominent sur l'index, le majeur et l'annulaire.
- Des troubles moteurs : crampes dans la colonne du pouce, amyotrophie (fonte musculaire) de certains muscles du pouce.
- Des troubles végétatifs : modification de la température des doigts (plutôt froids), de la couleur de la peau, de la sudation (transpiration). Il s'y associe très souvent la sensation d'un manque de force avec difficulté à la réalisation de certains gestes qui étaient auparavant habituels. Les deux mains sont généralement atteintes avec une prédominance de la main dominante (droite si vous êtes droitier). Le diagnostic est donc clinique sur l'association de ces divers signes.

 

Les examens complémentaires

L'examen fondamental dans cette pathologie est l'ÉLÉCTROMYOGRAMME ; Cet examen est réalisé par le neurologue ou le rhumatologue. Il permet de mesurer les vitesses de fonctionnement de votre nerf à différents niveaux du membre supérieur. Il permet donc d'affirmer le diagnostic et d'émettre un pronostic quant à la vitesse de récupération post-opératoire. Cet examen n'est pas toujours indispensable ; Il ne présente aucun danger mais est parfois un peu désagréable. La radiographie du poignet est nécessaire lorsqu'il existe des antécédents de traumatisme ou une arthrose évolutive.

 

Le traitement

Médical

Dans les formes débutantes, une modification de certains gestes, une adaptation du poste de travail peuvent apporter une amélioration sensible. De même, la réalisation d'une orthèse (attelle d'immobilisation du poignet) par le kinésithérapeute peut diminuer la symptomatologie. Les infiltrations sont proposées pour soulager ou pour différer une intervention prévue ; Le principe injecté (corticoïdes) fait diminuer le volume de la gaine des tendons ce qui réduit la pression dans le canal carpien. L'amélioration ne dure cependant que quelques mois. Il ne faut pas dépasser le nombre de 3 infiltrations par coté.

Chirurgical

L'intervention réalisée habituellement associe l'ouverture de l'épais ligament qui ferme le canal carpien, la libération du nerf comprimé et l'ablation d'une partie de l'épaississement de la gaine des tendons. Cette intervention se déroule sous anesthésie loco-régionale du membre supérieur et généralement en chirurgie ambulatoire (vous ne dormez pas à la clinique). La taille de la cicatrice est variable en fonction des habitudes de chaque chirurgien et de la technique utilisée.

 

Notre sentiment

L'intervention pour syndrome du canal carpien est la plus fréquente dans la chirurgie de la main. C'est globalement une excellente intervention qui apporte un soulagement complet et durable. La récidive ne concerne en règle que les patients ayant une maladie causale à ce syndrome (rhumatisme et dialyse rénale surtout). Lorsque les patients se déclarent non améliorés par cette intervention, il faudra se demander s'il ne s'agit pas d'une maladie neurologique primitive, d'une compression nerveuse plus proximale ou de l'effet pervers sur le nerf de certains toxiques (médicaments ou tabac).

 

L'avenir

Nous travaillons actuellement sur un nouvel implant dont le nom sera "IMPLANT PROTECTEUR DU CANAL CARPIEN CANALETTO". Cet implant est destiné à reconstruire au moment de l'intervention le ligament épais après son ouverture ; Il permet ainsi de restituer la continuité de ce ligament tout en pérennisant la décompression du canal carpien. Le nerf médian est immédiatement protégé et la force doit être récupérée beaucoup plus rapidement. La douleur doit être également diminuée notablement. Ainsi, nous souhaitons améliorer les résultats que nous avons aujourd'hui avec les techniques conventionnelles tout en diminuant la durée de l'arrêt maladie post-opératoire. C'est sur ce programme que nous avons obtenu l'agrément du Ministère de la Santé avec remboursement de cet implant par la Sécurité Sociale et le marquage CE aux dernières normes Européennes.